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Études de santé : comment préserver sa santé mentale ?
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Études de santé : comment préserver sa santé mentale ?

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Que l’on s’y prépare ou que l’on y soit déjà, les études de santé peuvent avoir un impact significatif sur la santé mentale. Il est donc crucial de savoir en repérer les signes pour pouvoir prendre des mesures et préserver son bien-être psychologique tout au long de ce parcours exigeant.

Cet article propose d’étudier les signes alarmants de détérioration de la santé mentale à repérer chez soi ou chez les autres, des habitudes à mettre en place pour prévenir la détresse psychologique, ainsi que des solutions pratiques et des ressources pour se préserver et trouver du soutien en cas de besoin.

L'ampleur du problème

Une étude de l'Inserm menée en 2021 sur près de 12 000 étudiant•es en médecine français•es (soit environ 15 % des étudiant•es en médecine de l’hexagone) a révélé des statistiques alarmantes concernant la santé mentale dans cette branche des études supérieures. Selon l’Inserm, plus de 25 % des personnes interrogées déclarent avoir subi un épisode dépressif majeur au cours de l’année écoulée, et plus de 50 % souffrent de détresse psychologique modérée à sévère (anxiété, dépression, pensées suicidaires). 67 % des internes sont également touché•es par le burnout (contre 39 % pour les étudiant•es pré-internat). La dégradation de la santé mentale est donc un sujet majeur de la vie des étudiant•es en santé et il est crucial d’en comprendre les causes et les impacts pour pouvoir s’en préserver. 

Les facteurs de risque

Si les étudiant•es en santé subissent les mêmes problématiques que les autres étudiant•es de France (précarité étudiante, contexte géopolitique global incertain et anxiogène, etc.), ils et elles font également face à un grand nombre de facteurs de risques propres à leur cursus universitaire.

En première année, l’ennemi numéro un reste l’isolement social. Ce sentiment de solitude s’est considérablement amplifié depuis la crise sanitaire du Covid19, notamment parce qu’une majorité des cours de première année sont toujours, à l’heure actuelle, dispensés par visioconférence, mais aussi parce que la pression académique toujours plus forte et la charge de travail associée génèrent à elles seules beaucoup d’anxiété et ne favorisent ni l'entretien ni la création de liens sociaux.

Passée la première année, d’autres facteurs de stress viennent s’ajouter à ceux cités précédemment, liés notamment à des conditions de travail précaires : le manque de moyens financiers alloués au domaine de la santé, le nombre d’heures hebdomadaires souvent largement supérieur à la limite autorisée en théorie ou encore le harcèlement et les violences psychologiques, sexistes et sexuelles (dont environ 25 % des personnes interrogées par l’Inserm déclarent avoir été victimes) sont une réalité pour beaucoup et ont un impact non négligeable sur la santé mentale.

Enfin, le nombre important de réformes imposées aux étudiant•es en médecine, dont certaines n’ont pas toujours l’effet escompté, a aussi un rôle à jouer dans la détérioration de la santé mentale estudiantine. C’est le cas par exemple de la réforme du 3e cycle dont “l’objectif principal était la professionnalisation de la formation permettant aux jeunes médecins de s’installer comme médecin spécialiste dès l’obtention de leur diplôme d’études spécialisées (DES)”. Dans la réalité, les étudiant•es en 6e année de médecine se retrouvent dans une situation d’incertitude face à leur avenir, car la réforme ne garantit plus l’accès à une spécialité et encore moins à la spécialité dans laquelle s’est projeté l’étudiant•e depuis 6 ans. C’est également au dernier moment que chacun et chacune aura connaissance de la spécialité qui lui a été attribuée (parfois complètement différente du choix de base), ainsi que du lieu où exercer, générant ainsi un fort sentiment d’incertitude, d'impuissance et d'anxiété pour ces jeunes adultes en pleine construction de leur futur.

Repérer les signes de détresse

Pour pouvoir prendre soin de soi et des autres, il est essentiel de reconnaître les signes indiquant un état de détresse psychologique. Parmi les signes à surveiller, on trouve notamment :

  • Des changements d'humeur soudains ou extrêmes ;
  • Un isolement social ;
  • Des difficultés à se concentrer ;
  • Des difficultés à dormir ou au contraire une tendance à dormir beaucoup plus ;
  • Une perte d'intérêt pour les activités autrefois appréciées (allant parfois jusqu’à l’abandon des études en cours) ;
  • Un sentiment d'anxiété, de tristesse ou de dépression persistant ;
  • Une augmentation des comportements auto-dommageables (consommation d'alcool ou de drogues, mise en danger de soi et/ou d’autrui, violence, mutilations, etc.) ;
  • Une tendance à se mettre en retrait et à s’isoler (se retirer des réseaux sociaux, s’isoler de son cercle amical/familial, annuler fréquemment des rendez-vous…) ;
  • Une diminution importante de l’estime de soi.

Il peut arriver que des personnes présentent certains de ces signes isolément ou de manière transitoire, ce qui peut être une réaction normale après un choc émotionnel  (une rupture, un décès, etc.). Il est cependant important d’être attentif•ve en cas d’apparition soudaine et sans raison apparente de plusieurs de ces symptômes (voire tous en même temps), surtout s’ils apparaissent chez des personnes fragiles ou déjà sujettes à des soucis de santé mentale.

Préserver sa santé mentale

Une bonne santé mentale découle d’un équilibre entre les aspects émotionnels, physiques, financiers, sociaux, et mentaux de la vie d’un individu. Pour préserver cet équilibre dès le départ, il est possible d’intégrer quelques habitudes et routines dans son planning hebdomadaire. Voici quelques pistes : 

  • Pratiquer une activité sportive régulière (une à deux fois par semaine minimum) ;
  • Bouger tous les jours (marcher, faire des exercices de mobilité, passer du temps dans la nature, etc.) ;
  • Manger sainement et régulièrement ;
  • Boire suffisamment d’eau sur la journée ;
  • Dormir assez et d’un sommeil de bonne qualité ;
  • Réduire, stopper et/ou réguler sa consommation d’alcool, drogues, tabac, stimulants (caféine, sodas, etc.) ;
  • Entretenir un réseau social : créer des liens avec d’autres étudiant•es en santé mais aussi entretenir les liens avec l’environnement hors études de santé (cercles d’ami•es plus anciens ou venant d’autres facs, famille, etc.) ;
  • Chercher de l’aide en cas de problèmes financiers, de logement, ou autre.

Trouver de l’aide

Il existe plusieurs types de ressources disponibles pour les étudiant•es (en santé ou non) :

Les bureaux d'aide psychologique universitaires (BAPU)

Disponibles dans la plupart des cités universitaires, les BAPU proposent des consultations avec des psychothérapeutes et acteur•ices du domaine social prises en charge à 100 % par la Sécurité sociale et les mutuelles (sans avance de frais et avec un nombre de séances illimitées tant que les étudiant•es en ressentent le besoin).

Les associations étudiantes

Présentes dans presque toutes les hautes écoles et universités, les associations étudiantes peuvent offrir un soutien émotionnel, aident à créer des liens sociaux pour lutter contre l’isolement et peuvent mettre en relation des étudiant•es de différentes années, permettant ainsi de partager des conseils et des expériences vécues.

Les organismes 

Il existe un grand nombre de permanences téléphoniques ou de messageries proposant un soutien psychologique gratuit et anonyme pour les étudiant•es. En voici quelques exemples : 

  • L’entraide Ordinale qui propose une assistance gratuite pour les soignant•es, médecins et internes en médecine, par des psychologues ou des médecins au 0 800 288 038 ;
  • Santé Psy Étudiant qui permet de solliciter l'aide d'un•e psychologue et de bénéficier de huit séances gratuites, sans avance de frais et renouvelables ;
  • Nightline qui est une association spécialiste des questions de santé mentale proposant aux étudiant•es des lignes d'écoute ainsi qu'une messagerie en fonction de leur région d’étude ;
  • La Cnaé qui est une ligne d’écoute professionnelle proposée à toutes les étudiantes et tous les étudiants qui recherchent une aide concrète sans forcément savoir à qui s'adresser en priorité au 0 800 737 800 ;
  • Le 3114, le Numéro National de Prévention du Suicide qui est gratuit, accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et permet aux personnes en détresse psychologique d’échanger et de trouver une réponse adaptée auprès de professionnel•les de la psychiatrie et de la santé mentale (psychiatres, infirmiers/infirmières et psychologues) ;
  • Le Collectif Féministe Contre le Viol qui vise à aider et soutenir toutes les personnes victimes de violences et d’agressions sexuelles, sous toutes ses formes (viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel) au  0 800 05 95 95 du lundi au vendredi, de 10 h à 19h ;
  • Il existe également d’autres lignes dédiées aux victimes de violences, à l’addiction, au deuil ou à d’autres événements pouvant affecter la santé mentale.

Les professionnel•les de la santé mentale 

Il est important de ne pas sous-estimer l'importance de consulter régulièrement un•e professionnel•le de la santé mentale en cas de besoin : c’est souvent une étape nécessaire pour réussir à se rééquilibrer et retrouver un bien-être émotionnel. Il n’est cependant pas nécessaire d’attendre le point de non-retour pour consulter, car les suivis psychologiques peuvent bénéficier à toute personne qui souhaite prendre soin de sa santé mentale et se connaître un peu mieux, sans forcément être en état de détresse psychologique.

Les aides alimentaires et aides au logement 

La plupart des grandes villes de France possèdent des organismes et associations dont le but est de permettre aux étudiant•es et personnes précarisées de se nourrir et de se loger. Renseignez-vous auprès de votre école ou des services de votre ville pour découvrir les aides disponibles près de chez vous.

En conclusion, les questions de santé mentale concernent tout le monde et il n’y aucune honte à faire face à la détresse psychologique : reconnaître ses propres limites et chercher de l'aide est un signe de force, et c’est en travaillant ensemble pour briser les stigmates entourant la santé mentale que nous pourrons créer un environnement plus favorable où chacun•e se sent bien et libre de rechercher le soutien dont il ou elle a besoin.

Préparer ses études de santé dès le lycée : nos conseils d’experts
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Préparer ses études de santé dès le lycée : nos conseils d’experts

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Alors que les lycéennes et lycéens d’aujourd’hui s’apprêtent à devenir les soignant•es de demain, une question cruciale émerge : faut-il se préparer aux études de santé dès le lycée, et si oui, comment le faire efficacement ? Si une préparation en amont pourrait en effet s’avérer être une stratégie judicieuse, encore faut-il savoir comment l’aborder de manière éclairée.

Afin de trouver des réponses à nos questions, nous avons demandé conseils à 4 expertes et experts dans le domaine de l'enseignement scientifique : Cécile Tritschler, professeure de physique et directrice de formaScience, Caroline Fabien, professeure et docteure en biologie, mais aussi créatrice de l’outil medprof.ai qui accompagne les étudiant•es de toute la francophonie, Isabelle Eyer, docteure et professeure de chimie, et Mazen Hanbali, enseignant et docteur en biologie cellulaire. Depuis plus de 20 ans, elles et il accompagnent avec succès des générations d'élèves de la Seconde aux premières années de leurs études de santé.

Photos de présentation des experts et expertes interrogés pour cet article

Grâce à leurs précieux conseils et recommandations, cet article s’articule autour de sept grands thèmes qui visent à fournir une feuille de route claire et stratégique pour préparer efficacement ses études de santé.

Pourquoi, ou plutôt à quoi, se préparer dès le lycée ?

Se préparer dès le lycée permet tout d’abord d’anticiper correctement la gestion de l’aspect administratif et organisationnel des études supérieures, comme nous l’explique Mazen : “Au lycée, l'étudiant•e est très encadré•e et n'a quasiment aucune autonomie. On lui dit quoi faire, quand le faire et pourquoi il faut le faire. Une fois à la fac, c'est une autre histoire : il n'y a pas d'obligation d'aller en cours, il n'y a pas d'obligation d'apprendre ses cours... L'étudiant•e se retrouve seul•e face à une marée d'informations qu'il ou elle ne saura que très peu gérer. On s'y habitue avec le temps mais le démarrage peut être très difficile.”. L’organisation et la gestion des informations représentent donc un apprentissage à part entière. 

Dans un second temps, cette préparation permet de se plonger sérieusement dans les matières fondamentales (SVT, maths, physique, chimie), notamment en biologie qui est la matière la plus souvent délaissée en Terminale (à raison, nous y reviendrons plus tard dans cet article), comme expliqué par Mazen : “Je conseille de se préparer en prenant des cours de biologie humaine (ou au minimum animale). Cela compense la perte de la SVT en Terminale, et cela permet surtout aux étudiant•es de se familiariser avec le vocabulaire biologique qui est assez complexe. De cette manière, ils et elles mettent déjà un pied dans le monde fascinant de la biologie tout en apprenant à organiser leur travail.”

Les erreurs à ne pas commettre 

Choisir l’apprentissage par bourrage de crâne

Parmi les générations d’élèves accompagnées par formaScience depuis plus de deux décennies, un certain nombre d’erreurs assez fréquentes se répètent chaque année. D’après Caroline, l’erreur principale est d’opter pour “une préparation basée sur un bourrage de crâne qui consiste à voir tout le programme de 1re année durant la Terminale. Cette méthode est inutile, voire même contre productive, car la manière dont la chimie et la physique sont enseignées à la fac est différente de la manière du lycée, et cela peut nuire à l'apprentissage de ces matières au lycée (qui est prioritaire). Il peut donc être intéressant de trouver un organisme qui pose les bases du programme de L1 sans interférer avec celui du lycée.” Un des dangers de cette méthode est également qu’elle donne aux étudiant•es un sentiment de toute puissance, les rendant moins attentif•ves en cours car ils et elles ont un sentiment de déjà vu. Pourtant, les notions clés sont rarement comprises et cette méthode mène presque toujours à l’échec. 

Écouter les faux bons conseils

Pour Cécile, il est aussi très important que les élèves soient vigilant•es aux personnes qui les entourent et les conseillent (même si ces conseils sont toujours teintés de bonnes intentions) : “Attention à ne pas écouter les conseils de tout le monde. Si l’étudiant•e qui nous conseille a une excellente mémoire, travaillait déjà énormément au lycée, ou était très doué•e en maths et qu’on ne rentre dans aucun de ces critères, ses conseils ne marcheront pas. C’est pareil pour les «vieux médecins » (parents, cousin•es…) qui ont connu la faculté de médecine il y a plusieurs années, à une époque où le cadre, les techniques d’enseignement et l’apprentissage étaient complètement différents.”

Ne pas se renseigner sur les cursus

Pour bien se préparer, il faut également se renseigner sur le cursus et se projeter dans l’année d’études à venir : “C’est un concours, il faut avoir conscience que tous les week-ends sont occupés à travailler, ce qui peut être difficile si on a par exemple beaucoup de frères et soeurs à la maison ou que les parents reçoivent beaucoup, qu’on a 3h de trajet par jour, etc.”. Il est important d’analyser son mode de vie actuel et d’être prêt•e à l’adapter en cas de besoin.

Céder à la pression

Enfin, pour Caroline, rien ne sert de “se mettre une pression de dingue en se disant "je ne suis pas la ou le meilleur•e au lycée, je vais me planter". La corrélation n'est pas si directe que ça !”

Choisir les bonnes spécialités au lycée

Les spécialités à prendre en Première et Terminale

Sans hésitation, celles et ceux souhaitant poursuivre vers des études de santé doivent obligatoirement avoir un bon bagage en maths, physique-chimie et biologie pour pouvoir suivre les cours de la faculté. Caroline conseille d’ailleurs de “bosser la physique-chimie très sérieusement, de faire des fiches et de les conserver pour pouvoir y revenir lors de la 1re année de santé.”

Pour Mazen, “s'il y a une spécialité à lâcher en Terminale, c'est bien la SVT car il y a peu de notions qui se retrouvent dans les enseignements de la première année d'études de santé. En revanche, il est vraiment conseillé de faire les trois spécialités scientifiques en première (maths, physique-chimie et SVT), sinon les lacunes sont beaucoup trop importantes et la première année de santé sera très compliquée.”

La “Terminale Santé”

Certains établissements privés proposent un cursus appelé “Terminale Santé” qui n’est pas toujours une valeur sûre car “tout le monde fait malheureusement un peu à sa sauce. Un organisme compétent dans les études de santé ou la faculté de médecine seraient certainement plus à même de répondre aux besoins des élèves.” Pour Caroline “leur façon de faire n'apprend pas la méthode universitaire car elle est basée sur un fonctionnement scolaire (en opposition à un fonctionnement universitaire)”. Attention donc à bien prendre le temps de comparer plusieurs organismes et à interroger les méthodes de travail et d’apprentissage qui y sont proposées.

Commencer la préparation au meilleur moment

Idéalement, la préparation aux études de santé devrait commencer dès les premières années du lycée et pas seulement en Terminale, qui est une année chargée pour les lycéens et lycéennes.

Il est en effet tout à fait possible de commencer à se familiariser avec le contenu dès la Seconde, comme proposé dans le cursus Prépa Lycée de formaScience par exemple, et d’étaler le travail sur deux ou trois années. Cette option laisse le temps à l’étudiant•e de faire connaissance avec certains nouveaux concepts et de les travailler en apprentissage par couches, c'est-à-dire en créant des couches de compréhension de plus en plus complexes autour d’une notion (processus familier et dont l’efficacité n’est plus à prouver puisque nous l’utilisons déjà tous et toutes depuis l’école primaire).

Il n'est cependant jamais trop tard pour commencer ! Même si l’année de Terminale est bien chargée, il est tout à fait possible de commencer une préparation en parallèle des obligations liées à cette année, mais il est très fortement conseillé de s’entourer d’un organisme compétent pour mettre en place des stratégies d’apprentissage efficaces.

Adopter une méthode et une fréquence de travail

Peu importe l’organisme choisi (ou pas), la recette magique de la réussite assurée n’existe pas. C’est à l’étudiant•e de travailler assidûment et de la bonne manière. Chez formaScience, nous conseillons de s’appuyer sur un planning hebdomadaire divisé entre du temps pour étudier et des pauses (nécessaires et méritées). Pour ne pas empiéter sur le travail lycéen, il est préférable de planifier 2 ou 3 heures de travail préparatoire par semaine, et de s’y tenir assidûment.

Faire un travail personnel

Pour Isabelle, il est d’abord important de faire un travail de fond, en entraînant la méthode, l'organisation et la maturité, car “les élèves de L1 manquent souvent d’implication et de persévérance. Par exemple, les personnes sportives ou musiciennes s'en sortent en général mieux car elles ont appris à recommencer, à se surpasser.” Selon elle, il faut aussi apprendre à se concentrer et à pouvoir écouter durant 1h sans décrocher. Pour faciliter cet apprentissage, Isabelle conseille aux étudiant•es de “participer activement en classe. Cela permet également de gagner du temps lors de l'apprentissage, et cela suffit même à assurer la moyenne pour certaines personnes !”. 

Étudier les méthodes d’apprentissage

Pour choisir une méthode adaptée, c’est à chacun•e de définir ses faiblesses et ses forces face au processus d’apprentissage. Il convient ensuite de choisir la bonne méthode selon la matière que l’on souhaite travailler, car toutes les connaissances ne nécessitent pas la même méthode d’apprentissage. Pour Isabelle, la clé réside avant tout dans “l'apprentissage par couche, mais aussi dans le fait de tester différentes méthodes pour en analyser les avantages : chercher à comprendre avant d'apprendre, trouver des moyens mnémotechniques pour mémoriser des noms, des notions, restituer les connaissances, poser les données d'un exercice en schéma, etc. Il faut tester et voir quelle méthode est utile pour quelle matière.” La bonne méthode de travail, c’est donc d’en maîtriser plusieurs et de savoir les appliquer au bon endroit, au bon moment. 

Attention aussi à mettre en place des sessions d’auto-évaluation, car pour rectifier ses erreurs et faire un nouvel essai, il faut d’abord constater que l’on se trompe et mettre en lumière ses difficultés.

Créer des routines

Pour Cécile et Isabelle, il est intéressant de créer des routines de travail et des objectifs pour tenir sur la longueur, mais également des routines “personnelles” plus axées sur l’introspection et la santé mentale : lister ses forces et faiblesses puis définir des outils pour affronter ces dernières le moment venu (combien de fois je me déconcentre durant une heure ? pourquoi ? est-ce que j’ai beaucoup tendance à procrastiner ? comment est ma résistance au stress ? etc.), se motiver avec des objectifs scolaires à court terme (augmenter ma moyenne dans une matière) et professionnels à long terme (se projeter dans une profession particulière) ou encore étudier son rythme de travail personnel sont de bonnes pistes pour accompagner un travail régulier et efficace.

Définir le contenu à préparer

Pour Mazen et Cécile, “si l'étudiant•e fait mathématiques et physique-chimie en Terminale, c'est déjà très bien et cela lui apporte tout ce qu'il ou elle doit connaître dans ces matières pour rentrer en L1 en toute sérénité, car le programme de physique-chimie du lycée est très bien, avec une progression de la Première vers la Terminale.” Attention cependant à bien maîtriser l’outil mathématique de base !

Il faut en revanche se concentrer sur la biologie humaine, et Caroline précise même qu’il faut, dès le lycée, s’approprier des notions principales comme l’anatomie, la biologie cellulaire, l’histologie ou encore l’embryologie qui ne sont pas étudiées (ou pas assez approfondies) au lycée.

Un dernier conseil

Avant de conclure, il est nécessaire de souligner une nouvelle fois l'importance de s'entourer de ressources fiables lorsqu’on entame ce processus de préparation. Car s’il est vraiment confortable d'être accompagné•e par un organisme compétent, il convient de rester vigilant•e face à certains établissements qui se prétendent compétents mais ne proposent pas toujours des services adaptés aux besoins des étudiant•es. Choisir le bon accompagnement peut faire toute la différence, mais le mauvais aussi. 

Pour Isabelle, l’aspect le plus déterminant de la réussite reste la capacité à comprendre avant d'apprendre. “Il faut être curieux•se, poser des questions en cours, lire des revues, des journaux, développer son sens critique, et oser donner son avis.” 

Enfin, il est essentiel de rappeler que la réussite ne dépend pas seulement des connaissances académiques, mais aussi de la persévérance, de la résilience et de la motivation. Prendre soin de soi, de sa santé mentale et physique et entretenir une bonne hygiène de vie sont également des éléments clés pour appréhender sereinement les études supérieures.

Métiers de la santé : tout savoir sur chaque filière MMOPK
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Métiers de la santé : tout savoir sur chaque filière MMOPK

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Au cours de leur première année d’études de santé, les étudiants et étudiantes doivent sélectionner une orientation vers l’une des cinq filières MMOPK : Médecine, Maïeutique (sage-femme), Odontologie (dentaire), Pharmacie et Kinésithérapie. Si la plupart ont déjà une idée de leur orientation, d’autres hésitent face aux différents choix, et changent parfois d’avis au dernier moment.

Cet article, basé sur la partage d’expérience d’anciens et anciennes élèves de formaScience, offre une vision globale des spécificités de chaque filière MMOPK. Il aborde des aspects tels que le rythme de travail, le niveau d'épanouissement, l'impact sur la santé mentale, le salaire, ainsi que les avantages et contraintes inhérentes à chacune des 5 filières.

Tableau récapitulatif par filière. Pour Kiné: épanouissement=9,3 santé mentale = 8,7 Années d'études = 5 Salaire = entre 2 et 6000€ Demande pour cette filière = faible et pourcentage de places par an en moyenne = 13%. // Pour Odonto : épanouissement=9 santé mentale = 8,3 Années d'études = 6 à 10 Salaire = entre 5 et 15000€ Demande pour cette filière = forte et pourcentage de places par an en moyenne = 11%.  //  Pour Pharma : épanouissement=8,3 santé mentale = 7,3 Années d'études = 6 à 12 Salaire = entre 3 et 15000€ Demande pour cette filière = moyenne et pourcentage de places par an en moyenne = 22%  //  Pour Maïeutique : épanouissement=8 santé mentale = 6,3 Années d'études = 6  Salaire = environ 2000€ Demande pour cette filière = faible et pourcentage de places par an en moyenne = 5%  //  Pour Médecine : épanouissement=7,3 santé mentale = 5,2 Années d'études = 9 à 12 Salaire = entre 5 et 25000€ Demande pour cette filière = forte et pourcentage de places par an en moyenne = 50%

Médecine

Superstar parmi les études de santé, médecine est la filière MMOPK la plus choisie en France, notamment car elle propose le plus de places (60 %(1) des places MMOPK en moyenne). Pourtant, les mythes et légendes urbaines sont nombreuses autour de ce cursus souvent dépeint comme l’orientation de tous les dangers. Si les études de médecine, denses et longues, semblent être en tête dans la course à la filière la plus dure, elles sont en réalité suivies de près par toutes les autres filières de santé qui, même si elles sont parfois plus courtes, s’avèrent être tout aussi intenses.

Image récapitulative des données du tableau pour médecine.

Mais alors qu’en est-il est réalité ? Pour Matéo, étudiant en 4e année, la clé de la réussite se cache dans la régularité : “On peut avoir entre 1 000 et 3 000 pages (à étudier, NDLR) par semestre en fonction des années. Mais au 1er cycle c’est tout à fait envisageable en ayant un rythme de travail correct sur le semestre. La clé c'est d'être régulier•ère.” Comme pour toutes les autres filières MMOPK, le cursus de médecine est très dense et demande une certaine capacité d’adaptation. À ce sujet, Matéo précise : “Concernant le 2e cycle, c'est une autre histoire [...] le rythme et le stress sont totalement différents, le mode de vie aussi : 2 mois de cours et 2 mois de stage alternés. Mais là on est dans la vraie médecine et on voit des patient•es, on apprend réellement à les soigner.”

La plupart des personnes interrogées disent avoir regretté leur choix à un moment donné, notamment à cause de la qualité de vie que semblent offrir les autres filières de santé : “Parfois c’est difficile de voir les gens à côté mener leur vie avec un max de temps par rapport à nous, et réussir à faire plein de chose à côté et réaliser leur projet.” (Emma(2), Interne)

Ce n’est cependant pas un hasard si Médecine reste le cursus le plus choisi. C’est tout d’abord la filière la plus validée socialement : “Décrocher le titre de docteur en médecine est une preuve de réussite professionnelle que certaines personnes ont pour objectif afin d'obtenir de la reconnaissance sociale.(3), mais c’est également une filière très complète. En effet, elle propose un grand nombre de spécialités et la pratique apparaît tôt dans les études : “Lorsqu’on devient externe (dès la 3e année, NDLR) on a enfin un vrai rôle à l'hôpital. C'est plutôt agréable de pouvoir mettre en pratique ses connaissances après 3 ans de théorie. On apprend aussi des choses super intéressantes, ce sont des études challengeantes et stimulantes.” (Albane, étudiante en 6e année)

Peu importe la spécialité choisie, les métiers de la médecine offrent un contact humain important, qu’il s’agisse de contact avec la patientèle ou avec d’autres professionnel•le•s de santé, ainsi que de nombreuses opportunités pour continuer à se former au fil du temps.

En moyenne, les personnes interrogées pour cette filière estiment leur épanouissement à 7,3/10, et l’impact de leurs études sur leur santé mentale comme étant moyen (5,2/10)(4). Selon notre sondage, c’est le cursus le plus représenté mais possédant les notes les plus basses en termes d’épanouissement et de santé mentale.

La fourchette salariale pour cette profession est compliquée à établir car elle varie énormément selon les spécialités choisies. En moyenne, elle peut aller de 4 000 à 15 000 € mensuels pour les généralistes et de 5 000 à 25 000 € mensuels pour les spécialistes.(5)

Maïeutique 

La maïeutique représente la partie de l’obstétrique spécialisée dans la grossesse et l’accouchement. Cette filière ouvre la porte vers la profession de sage-femme, qui, dès la rentrée 2024, nécessitera 6 ans d’études au total.

Image récapitulative des données du tableau pour maïeutique..

En 2021, seul 1%(6) des étudiants et étudiantes de santé ont choisi cette filière à l’issue de la première année. Ceci peut tout d’abord s’expliquer par la faible rémunération des sage-femmes comparée aux autres filières MMOPK, mais également par le manque d’informations disponibles au sujet de cette formation. Il est parfois difficile de se faire une idée du parcours de maïeutique, comme ce fut le cas pour Lou-Anne, étudiante en 3e année : “J’ai eu beaucoup de mal à me renseigner (internet, connaissances) sur les études de maïeutique, c’est la rencontre avec des étudiantes qui m’a aidée dans mon choix.”

Comme pour les autres métiers de la santé, le manque de moyens, le nombre d’heures supplémentaires, la fatigue physique et la fatigue émotionnelle sont récurrentes. Selon Lucile, sage-femme hospitalière, les principaux inconvénients du métier de sage-femme sont “le travail de jour, de nuit, le weekend et les gardes avec une importante charge de travail.”

Malgré tout, la maïeutique reste un cursus avec de nombreux avantages. Pour Lou-Anne, notre étudiante de 3e année, la profession de sage-femme est avant tout très variée : “J’ai choisi les études de sage-femme pour plusieurs raisons : l’accomplissement professionnel, la possibilité de travailler en hôpital ou en libéral, la diversité du métier (salle de naissance, pma, ivg, écho, consultation…), l’aspect à la fois médical et très humain et pour finir l’investissement auprès des femmes.”

Ce cursus propose également des spécialisations et diplômes complémentaires dans plusieurs filières comme par exemple l’échographie, la gynécologie, la sexologie, l’acupuncture, ainsi qu’un contact important avec nombre d’autres spécialistes de santé afin d’assurer le meilleur suivi possible à la patientèle.

Comme pour les autres orientations MMOPK, le rythme de travail en études de maïeutique peut être très dense selon les périodes. Cette filière propose aussi une grande quantité de formations pratiques, notamment lors du second cycle d’études.

Aucune des étudiantes interrogées ne dit avoir déjà regretté son choix de filière, et elles ont en moyenne évalué leur épanouissement dans leurs études à 8/10, et l’impact de ces dernières sur leur santé mentale à 6,3/10.

La fourchette salariale la plus large s’étend de 1 800 à 2 300 € mensuels selon différents critères, notamment si la pratique est hospitalière ou libérale.(5)

Odontologie 

La filière d’Odontologie permet à celles et ceux qui la choisissent de devenir chirurgiens et chirurgiennes dentistes ou orthodontistes. Elle peut être effectuée en cycle court (6 ans d’études) ou en cycle long (entre 9 et 10 ans d’études) pour accéder ensuite à d’autres spécialisations. Selon les années, l’Odontologie est le cursus le plus demandé en France, devant Médecine, et toutes les places disponibles pour cette filière sont pourvues chaque année !

Image récapitulative des données du tableau pour odontologie.

Comme pour la Maïeutique, ce parcours est souvent méconnu et victime d’un manque d’informations sur la pratique réelle :  “Je ne pensais pas que la formation en dentaire était aussi riche et diversifiée : avant de rentrer en 2e année, je ne connaissais que les actes "classiques" du dentiste et pas toutes les spécialités.” (Virgile, étudiant en 3e année)

Dans sa globalité, la formation dentaire est très complète et propose de commencer la pratique et les manipulations dès la deuxième année ! “Ensuite, tout au long de la formation, on apprend beaucoup de choses en lien avec les études de médecine. Même si ce n'est pas aussi poussé, cette filière aborde énormément de thématiques enseignées en médecine.” (Virgile, 3e année). C’est donc un choix intéressant pour les personnes qui ne souhaitent pas s’engager en médecine mais qui veulent tout de même en étudier le contenu de manière plus poussée que dans d’autres filières.

Même si pour Grégoire, étudiant en 5e année, la pratique peut représenter un challenge et “nécessite d’être à l’aise manuellement sous peine de grandes difficultés”, c’est souvent cet aspect manuel qui fait le charme du cursus d’Odontologie, ainsi que la prise en charge médicale et globale de la patientèle, comme nous l’explique Virgile : “Certes on regardera les dents mais on regarde aussi les tissus attenants (gencive, muqueuse, langue...), le visage ou tout autre région du corps afin de poser un diagnostic ou de réorienter vers un spécialiste. Le dentiste peut également détecter des cancers !”

Comme toute profession de santé, le contact humain est au cœur de la pratique. Mais selon Luc, étudiant de 4e année, les soins dentaires et les dentistes évoquent une forme de stress toute particulière chez beaucoup de patient•e•s : “Dans notre profession, le stress face au dentiste est omniprésent. La première étape consiste toujours à gagner la confiance du•de la patient•e, à le•la calmer et à lui expliquer tout le déroulement du traitement.”

Aucun des étudiants interrogés ne dit avoir regretté, à un moment ou un autre, ce choix de filière. En moyenne, ils estiment leur épanouissement à 9/10, et l’impact de cette filière sur leur santé mentale à 8,3/10.

La fourchette salariale la plus large s’étend de 5 000 à 15 000 € mensuels selon différents critères, notamment si la pratique est hospitalière ou libérale.(5)

Pharmacie

La pharmacie est la deuxième filière la plus choisie en France, après le cursus de Médecine. Elle donne accès au métier de pharmacien et pharmacienne (ou docteur•e en pharmacie) après une formation de 6 à 12 ans selon la spécialisation.

Image récapitulative des données du tableau pour pharma.

Comme toutes les filières MMOPK, la Pharmacie demande du travail et du sérieux, et il est parfois difficile pour certains et certaines de tenir sur la longueur, notamment lorsque les matières sont un peu plus générales (notamment en deuxième année), comme nous l’explique Clément, étudiant en 3e année : “Parfois je me posais des questions sur mon choix puisque les matières restent assez générales en 2e année, heureusement avec le temps elles deviennent plus intéressantes.”

Concernant la charge de travail, tous et toutes s’accordent à dire qu’elle varie en fonction des cycles et des périodes, mais qu’elle reste globalement gérable et permet de suivre des projets personnels ou professionnels en parallèle. D’après Laura, étudiante en 2e année : “La charge de travail est juste suffisante, il n’y a pas trop de travail ni pas assez, c’est assez équilibré pour pouvoir avoir une vie personnelle également épanouie. Durant les semestres, il y a des périodes où le rythme est plus dense et d’autres périodes où le rythme est plus léger.” Clément, notre étudiant en troisième année précise : “La charge de travail est vraiment gérable. Le rythme n'a rien avoir avec la L1. Si on bosse sérieusement quand il faut, alors il n'y a aucun souci.”

L’avantage principal de cette orientation semble cependant résider dans les nombreux domaines professionnels vers lesquels peuvent se diriger les étudiants et étudiantes en pharmacie. Tout comme Clément qui dit avoir été attiré par le “grand nombre de débouchés dans différents domaines qui s'offrent [aux élèves de pharmacie] à l'issue de [leurs] études”, Alexia, étudiante en 5e année, précise : “La pharmacie propose beaucoup de débouchés variés. Il est possible de travailler dans le public, dans le privé, comme titulaire, à l’étranger, de faire de la recherche. C’est cette transversalité qui m’a aiguillée vers pharma.” Attention cependant à bien étudier tous les enjeux et qualités de chaque spécialisation, car elles ne conviennent pas à tous les profils : l’officine est par exemple la seule spécialisation de pharmacie à comporter un contact humain important avec une patientèle.

La pharmacie est également la seule filière qui permette de travailler dans le domaine de la santé mais également activement dans le domaine du commerce (principalement en officine ou en pharmacie industrielle par exemple). Plusieurs organismes offrent en effet la possibilité d’obtenir un diplôme complémentaire dans les domaines gravitant autour du commerce ou du management en parallèle du cursus de pharmacie. De manière générale, les différentes spécialités de pharmacie demandent et permettent d’accéder à beaucoup de certifications complémentaires nécessaires à la pratique spécifique choisie. 

Enfin, un avantage majeur de ce cursus est qu’il permet de commencer à travailler en officine dès la deuxième année. Un point fort pour celles et ceux au profil proactif qui souhaiteraient acquérir de l’expérience le plus tôt possible, mais également garder un job étudiant dans le même domaine que leurs études. 

En moyenne, les personnes interrogées estiment leur épanouissement dans cette filière à 8,3/10, et l’impact de cette filière sur leur santé mentale à 7,3/10.

La fourchette salariale pour cette profession est compliquée à établir car elle varie énormément selon les spécialités choisies. En moyenne, elle peut aller de 3 000 à 15 000€.(5)

Kinésithérapie 

Comme pour la Maïeutique, les études de kiné ne représentent qu’1%(6) des étudiant•e•s admis•e•s en deuxième année en France, et toutes les places ne sont pas pourvues chaque année. Pourtant, de toutes les filières, elle est la mieux notée en termes de santé mentale et d’épanouissement, et c’est également celle pour laquelle les étudiant•e•s interrogé•e•s ont formulé le moins de points négatifs. Cette orientation donne accès au métier de kinésithérapeute après 5 ans d’études au sein d’un IFMK (Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie) ou d’une université (attention, toutes les universités ne proposent pas cette orientation).

Image récapitulative des données du tableau pour kiné.

Plus courtes que le cursus de médecine ou de pharma, les études de kiné proposent de débuter la pratique très tôt dans la formation, avec une charge de travail moins intense que dans d’autres filières : “Les cours sont très concrets. Dès le mois de septembre, c'est 50 % de théorie et 50 % de pratique. J'ai assez de temps pour avoir une vie sociale épanouie, un job étudiant le week-end, pour pratiquer des activités sportives et artistiques, voir ma famille et suivre des formations continues dans le domaine de la kiné en dehors de mon école.” (Lalaina, étudiant en 3e année). Gaëtan, étudiant en troisième année également, précise : “On a quand même un certain nombre de cours à apprendre, mais jamais par cœur et le rythme est parfaitement gérable avec des sports au quotidien et une vie privée.”

Pour Mathieu, kiné du sport spécialisé en rééducation du membre inférieur, le contact humain est très important et représente même 95 % de sa profession. Dans son cabinet, la patientèle est très variée : “Le plus jeune patient a 9 ans et le plus vieux  83 ans !”. Selon lui, un bon kiné doit “aimer aider l'autre, être empathique et aimer faire des recherches pour progresser et être à jour dans sa pratique.” Cela tombe bien, car en France, les kinés ont une obligation de formation tous les 3 ans minimum.(7) C’est d’ailleurs une des filières qui propose le plus d’opportunités de se former tout au long de sa carrière, car la kinésithérapie est un métier en constante évolution. 

Enfin, il est particulièrement conseillé d’avoir une bonne résistance physique car les kinésithérapeutes travaillent principalement debout et fournissent quotidiennement des efforts physiques intenses et répétés.

En moyenne, les étudiants et professionnels interrogés estiment leur épanouissement dans cette filière à 9,3/10, et l’impact de cette filière sur leur santé mentale à 8,7/10. 

La fourchette salariale la plus large s’étend de 2 000 à 6 000 € mensuels selon différents critères, notamment si la pratique est hospitalière ou libérale.(5)

Les conseils de nos étudiant•e•s

“Restez ouvert•e•s aux différentes filières et ne restez pas fermé•e•s sur un seul choix de filière.” (Laura, 2e année de pharmacie)

“Je conseillerais de choisir la filière qui les attire réellement et pas celle que tout le monde veut prendre. Peu importe la filière, ce sont des études qui demandent un réel investissement, du travail et de la rigueur et il est toujours plus simple de s'investir dans quelque chose qui nous passionne. Par ailleurs, il ne faut pas juste rester bloqué•e sur la façon dont les études se déroulent. Certes, ce sont des études plus ou moins longues en fonction de la filière choisie, mais le plus important est d'exercer un métier qui leur plaira pour les 40 années suivantes.” (Albane, 6e année de médecine)

“Demandez-vous pourquoi vous voulez faire ce métier, ce choix et faites-le selon vos envies et votre personnalité, surtout pas en fonction de la pression familiale ou sociale.” (François, Interne en médecine)

Conclusion

Chaque filière MMOPK renferme son lot d’avantages et d’inconvénients, il convient donc de bien se renseigner sur chaque orientation pour être sûr•e d’avoir une vue d’ensemble complète du cursus et des activités du métier. Certaines filières étant victimes d’un manque d’informations disponibles, il est fortement conseillé de se renseigner directement auprès d’étudiant•es ou de professionnel•le•s de santé, notamment en participant à des évènements tels que le Forum des Métiers MMOPK proposé annuellement par formaScience.

Sources et notes

(1) “Filières MMOPK en médecine”, Groupe Réussite, https://groupe-reussite.fr/ressources/cs-prepa-medecine-filieres-mmopk/ (cons. 03.24)

(2) Nom d’emprunt

(3) “Pourquoi faire médecine et devenir médecin ?”, Externat Médecine, https://externat-medecine.fr/pourquoi-devenir-medecin/ (cons. 03.24)

(4) 1 étant “très mauvais impact sur la santé mentale” et 10 étant “très bon impact sur la santé mentale”. Sondage épanouissement et santé mentale mené auprès d’anciens et anciennes élèves de formaScience (médecine = 6, maïeutique = 3, odontologie = 3 , pharmacie = 4 , kinésithérapie = 3)

(5) “Les fillières MMOPK”, Cours Thalès, https://www.cours-thales.fr/prepa-medecine/mmopk (cons. 03.24)

(6) Données pour l’année 2021. Pauline Bluteau, “Réussite en PASS et L.AS : un quart des étudiants intègre les études de santé”, L’Étudiant, 27.01.23,
https://www.letudiant.fr/etudes/medecine-sante/reussite-en-pass-et-l-as-un-quart-des-etudiants-integre-les-etudes-de-sante.html#:~:text=Au%20total%2C%208.400%20n%C3%A9obacheliers%20ont,2021%2C%20contre%206.500%20en%202020 (cons. 03.24)

(7) Fédération Française des Masseurs-Kinésithérapeutes

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